Eté 2010 PDF Imprimer Envoyer

 

Si vous souhaitez publier un message à l'attention de Dominique , rendez-vous au bas de la page : Bruxelles-Evolène

 

Si vous souhaitez profiter en direct de la vue sur la Dent Blanche depuis Evolène, consultez la webcam

 

Lundi 5 juillet

Nous revoilà tous au rendez-vous pour suivre ce qui sera peut-être l'accomplissement du projet de Dominique et Jean-Noël : l'ascension de tous les sommets de plus de 4000 m des massifs alpins.

 

Si il ne leur reste que 5 sommets à gravir, les deux compères se sont préparés un programme chargé qui leur offrira de multiples possibilités déterminées par les conditions météorologiques ou leurs envies...

 

Dominique a quitté la Belgique le 30 juin dernier pour une semaine de repos et d'acclimatation en Engadine (Suisse).

 

Le mardi 6 juillet, départ pour Evolène où l'attend Jean-Noël qui trépigne sur ses crampons... Une fois les retrouvailles fêtées et le matériel vérifié, les premières ascensions débuteront. A l'heure d'écrire ces quelques lignes, on ne peut connaitre le programme de la première semaine car tout dépendra de la météo et de la quantité de neige qui subsiste en altitude.

 

Mardi 6 juillet

 

Dominique est bien arrivé à Evolène pour sa plus grande joie. Le ciel est bleu et le programme des prochains jours a été défini : Mercredi 7 juillet levé matinal et départ pour la Salbit hütte. Jeudi 8 juillet ascension de l'arête sud du Salbitschijen, une grande course classée TD (très difficile). Pour l'attaque des 4000, il faudra patienter car la quantité de neige est trop importante.

 

Vendredi 8 juillet

 

L'ascension de l'arête sud du Salbitschijen est un succès et a été qualifiée de magnifique par Dominique.

La nuit de jeudi à vendredi, logement à Göshenen pour le duo qui ralliera dans la journée de vendredi la Bergsee hut. Samedi 9 juillet, ils s'attaquent à la voie Goldrausch au Schijenstock qui est présentée comme nettement plus diffcile que la précédente...

 

Dimanche 11 juillet

 

Succès pour cette seconde course malgré la difficulté technique de l'ascension.

Ce dimanche, Dominique et Jean-Noël réjoignent Ovronnaz et de là, la Cabane Rambert.

Lundi 12 juillet, ils s'attaquent au Grand Muveran (3051m).

 

Mardi 13 juillet

 

La troisième ascension de Dominique et Jean-Noël fut magnifique : ils ont suivi l'arête de Saille pour atteindre le sommet du Grand Muveran depuis le refuge Rambert. Ce mardi ils ont été grimper au Sanetsch.

Mercredi 14 juillet, Dominique prendra le train à Sion pour un court séjour à Bruxelles avant de retourner à Evolène à bicyclette.

Pour suivre le récit de ce parcours, rendez-vous à la page "Bruxelles-Evolène".

 

Mardi 3 août

Dominique : "Depuis le jeudi 22 juillet, le vélo, c'est fini. Je me suis reposé quelques jours avant de reprendre les ascensions. Le jour où je suis rentré, il s'est mis à neiger sur les 4000. Jean-Noël me propose alors le piz Badile (3308 mètres) par la voie Cassin. Même si elle est aujourd'hui équipée, elle reste une des toutes grandes voies des Alpes. Le lundi, nous traversons donc la Suisse, nous passons en Italie, Milan, Lecco, puis retour vers la Suisse, à la frontière, pour nous rendre au refuge de Sas Füra. Ils avaient annoncé un petit orage dans l'après-midi. En fait, l'orage est arrivé la nuit. Il a beaucoup neigé. Le matin, impossible de partir. Nous rentrons à Evolène. 1000 kilomètres pour rien. Voilà. C'est ça aussi, l'alpinisme.

Le jeudi, nous partons à cinq heures du matin pour le massif de l'Oisans, un massif cinq fois plus important que celui du Mont blanc. C'est une région très sauvage, avec des marches d'approche très longues. Là, nous voulons escalader la face sud du Grand pic de la Meije (3983 mètres) par la voie Pierre Alain. Arrivée à La Grave, magnifique petit village au pied de la Meije. On avait annoncé un petit orage et, une fois de plus, le mauvais temps se révèle plus important que prévu. Nous décidons d'attendre un jour. Ce n'est que le vendredi, donc, que nous partons pour le refuge du Promontoire. Après une marche longue et difficile, nous arrivons au refuge vers 14h00. Je dors mal – l'altitude (on est à 3000 mètres), l'anxiété. Le samedi, nous devons nous lever à trois heures du matin. Une ascension de huit cents mètres de dénivelé nous attend. La face est super raide. Nous sommes confrontés au vide tout le temps. C'est très impressionnant. L'escalade est très difficile techniquement. L'ascension doit se faire en une fois, sans s'arrêter. Si on relâche l'effort, on ne repart plus. On n'a le temps ni pour manger ni pour boire. J'ai faim, j'ai soif, et je suis fatigué. Quand j'assure Jean-Noël, je dois lutter contre le sommeil. Les sacs sont lourds. Tu dois être très concentré, à cent pour cent pendant plusieurs heures. L'itinéraire est difficile à trouver. On a un topo écrit avec quelques repères mais il ne faut pas se tromper. Si tu t'écartes, tu te retrouves dans des impasses, des endroits infranchissables. Tôt le matin, il fait très froid. Puis vers 10h00, quand le soleil apparaît, tu commences à te réchauffer. À midi, il fait très chaud. Finalement, à 15h30, nous atteignons le sommet. Nous sommes crevés physiquement – l'effort, la soif et la faim, l'altitude. Mais nous sommes fiers.

En comparaison avec ce que nous venons d'accomplir, la deuxième partie est pour nous plus classique, plus "facile" techniquement : trois descentes en rappel pour atteindre la brèche Zsigmondy, ensuite trois dents, puis le doigt de Dieu. Nous arrivons à vingt heures au refuge de l'Aigle, un tout petit refuge à l'ancienne, où tout le monde mange et dort dans la même pièce. Le refuge était plein. Les gardiens se sont rendus compte de ce que nous venions de faire, ils ont été super sympas avec nous, ils nous ont trouvé une place dans le grenier. C'est bon, le soir, de dormir sans anxiété. Le lendemain, descente de 1190 mètres de dénivelé depuis la cabane Villar d'Arene. Retour à Evolène à 19h00.

Voilà.

Nous sommes très contents.

C'était très dur.

Comme dit Jean-Noël, dans ce genre d'ascension, "tu risques ta viande".

C'était peut-être une des ascensions les plus difficiles que j'ai réalisées. Une des plus mythiques des Alpes. Il faut beaucoup d'entraînement pour y aller.

Maintenant nous attendons de voir comment la météo va évoluer. Pour le moment, il ne fait pas beau. Les 4000, c'est exclu. On va peut-être repartir au piz Badile.

C'est dur. Je suis dans l'attente. Il faut tout le temps être sur la balle, prêt à rebondir. C'est un vrai challenge mental. Si je fais le piz Badile, après le Grand pic de la Meije, ce serait fantastique. Mais je ne perds pas de vue que mon objectif est aussi de finir les 4000."

(A suivre...)

 

Vendredi 6 août

Le temps n'est pas beau. Il a neigé à 2500 mètres. Il fait froid. En attendant, ce week-end, Dominique et Jean-Noël partent à la cabane de Chanrion pour faire des petites courses, la Ruinette et le Bec d'Epicoune, pour le plaisir d'être en altitude, pour rester en mouvement. Le projet de finir les 4000 cet été semble compromis. Il faudrait qu'il fasse beau une semaine, or on annonce une nouvelle dépression pour mardi. 

LUNDI 9 août

Une bien triste nouvelle me fait revenir à Bruxelles où je resterai une semaine.

Je repars ensuite en Suisse pour tenter à nouveau de gravir la face nord du Piz Badile. On monte à cabane Sciora et le lendemain on fait une petite course de rocher mais on voit bien que la face du Piz Badile est couverte de neige et on décide de ne plus insister pour cette année. La saison s'achève ce 15 août.