La cordée 2007 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Administrator   
Dimanche, 01 Février 2009 12:39

 

A chacun son Cervin : la 8e cordée - été 2007


 

par Philippe Stroobant, organisateur de ‘A Chacun Son Cervin’ :
 

Fatigués, mais surtout très heureux, nous rentrons en Belgique avec plein de beaux souvenirs  dans la tête, de ces instants merveilleux où nous sommes arrivés ensemble et en cordée, au  sommet du Breithorn ou du Riffelhorn. Tous ces moments nous ont fait prendre conscience  de la grande force que nous avons en nous. Rester fort dans sa tête même si le chemin est  encore long et ne pas permettre au doute de s’installer, mais au contraire continuer à son  rythme vers le sommet, trouver ce pas ‘lent’, ‘sûr’ et ‘décidé’, c’est un apprentissage pour la vie.  A la différence des cordées des années précédentes, le réveil à 7h du matin n’a pas semblé être  un trop dur moment pour les jeunes ; il est vrai, ils avaient entre 19 et 24 ans pour cette 8ème  cordée. Quelques courageux s’étaient déjà levés pour assister de la terrasse du chalet au lever  du soleil sur le Cervin (le Matterhorn, disent les zermattois) là… c’est à 5h40 ! Lorsque les premières  rayures rouges du soleil apparaissent sur la cime, les appareils de photos se mettaient à crépiter.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un peu plus tard, nous nous retrouvons pour le petit déjeuner, déjà choyés par nos trois guides  Rudi, Roman et Romãn : ils nous ont apporté du pain tout frais et préparé un müesli de montagnard.  Glisser son pique nique et quelques boissons pour la journée dans son sac à dos, en vérifier une  dernière fois le contenu (l’alpiniste ne se trompe pas) et nous voilà déjà prêts à partir pour une  nouvelle aventure ; aujourd’hui les guides ont mis au programme 400 mètres d’ascension dans les  rochers (en dénivelé, ceci fait un peu plus d’une Tour Eiffel !). Il s’agit de la voie Charly dans la  face sud du Riffelhorn. Nous prenons le train à crémaillères du Gornergrat qui va nous mener au pied  du Riffelhorn. La surprise est grande : les ¾ des passagers sont japonais, venus tout spécialement  de Tokio pour s’adonner à leur passion, celle d’observer les montagnes et les photographier.  Tout au long de la montée, on entend des ‘soubarachi’ ; ils disent ‘fantastique’ nous explique  un de nos guides. Nous descendons du train à Rotenboden (2815 mètres) ; avec tous les 4000  qui se dressent devant nous (le massif du Breithorn, Castor et Pollux, le Liskamm et le Mont Rose),  le panorama est grandiose, ce qui suscite tellement en nous l’envie de faire de grandes choses.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A pied, nous contournons le Riffelhorn par le sud pour atteindre une terrasse qui surplombe le  Gornergletscher (le glacier du Gorner) 450 mètres en dessous de nous. Nous levons les yeux  vers le haut et nous avons une citadelle de pierre au dessus de nous ; nous cherchons à  distinguer le sommet mais de là où nous sommes, il n’apparaît pas encore. Chacun se sent  impressionné par la tâche à accomplir : gravir tout cela ! Les guides nous rassurent : c’est du  4 (selon l’échelle de difficulté en alpinisme, de 1 à 8) alors que nous avons fait du 5 hier à  l’entraînement. Nous sortons les baudriers, mousquetons et casques de nos sacs à dos.  Les guides forment les 3 cordées.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout au long de l’ascension, il nous faudra observer par où le guide passe, trouver quelles  sont les meilleures prises pour les doigts et pour les pieds et faire attention à celui qui précède  dans la cordée en synchronisant la progression et surtout en évitant de donner des coups dans  la corde ce qui pourrait déséquilibrer son compagnon. Alors me revient à l’esprit cette belle phrase  du grand alpiniste français Gaston Rébuffat ‘quand on grimpe, on devient un peu plus homme  dans la fraternité de la cordée’. Nos bras et surtout nos jambes font des efforts considérables.  ‘Ne pas faire de trop grands pas’ nous rappellent les guides car il est alors plus difficile de trouver  son équilibre. Enfin, le sommet se laisse apercevoir, il y a une force fantastique qui y nous  pousse; nous y serons dans une demi heure. Il est surmonté d’une énorme croix en fer, placée  à par nos guides, il y a deux ans. Le sommet est aussi l’endroit où la terre s’arrête et où le ciel  commence. C’est encore plus beau de là haut. Quelques derniers pas, et nous foulons du pied  les derniers blocs de rochers;‘on y est’ s’écrie-t-on ! on remercie chaleureusement les guides,  on se serre les mains, et tellement nous sommes heureux, on s’embrasse même, un peu émus  et peut-on le dire, aussi fiers de ce que nous avons réalisé. Pour les jeunes, cette ascension est  une magnifique victoire sur la maladie et pour ceux qui les accompagnent, un honneur de pouvoir  la faire avec eux.

 

 




 

 


 




 

Et c’était comment encore ce mot des japonais : ‘subarachi’, oui, c’est cela, ‘subarachi’ !  De là haut nous rêvons à après-demain où nous allons attaquer un 4000, le Breithorn avec  une incroyable rencontre au sommet prévue avec Dominique et son guide Jean-Noël  d’Evolène, qui l’auront gravie par une autre voie, nettement plus dure encore. Nous nous  retrouverons ensemble dans l’effort et dans ce moment magique de la rencontre au sommet.  Nous irons tout là haut à 4.164 mètres ! 

Merci Dominique de t’être associé ainsi à notre projet. À juillet 2008, je l’espère.

 

Tous les jeunes de la 8ème cordée : 

 

Par quoi commencer ?   Tout était magnifique : les paysages, les activités, les découvertes et bien sûr, les guides.  Arrivé en Belgique, chacun réalise la chance qu’il a eu de pouvoir participer à ce fabuleux projet. Un moment magique  en particulier ? À vrai dire, tout était génial. Nous avons du mal à choisir : le Breithorn fut excellent;  tous synchro à plus de 4000 mètres dans cet univers perpétuel de neige, de froid et de glace. Que  demander de plus ? Allez hop les gars, on prépare son sac et on repart pour la journée.  Qu’allons-nous faire ? Escalader un glacier ? Nous avons du mal à y croire, que nous avons réussi à  grimper tout là-haut. Et tout cela grâce à A Chacun Son Cervin. Durant les 2 semaines sur place,  nous avons pu nous surpasser et faire de belles rencontres autant humaines que du point de vue  nature… quand repart-on ? Chacun de nous est prêt.  Merci encore Philippe pour cette expérience inoubliable que tu as partagée avec nous. 

 

Grégoire, un des deux médecins de la 8ème cordée :  

 

A Chacun Son Cervin s’inscrit, à mon sens, dans la continuité des soins prodigués à la clinique  Saint-Luc. Redécouverte du corps, ouverture de l’esprit, dépassement de soi, c’est un second  souffle. Pour le jeune médecin que je suis, c’est aussi la chance d’écouter une histoire, un vécu  de la maladie dans l’émotionnel. A Chacun Son Cervin, c’est vivre pour mieux guérir  

 

Mathieu, accompagnateur de la 8ème cordée : 

 

Le corps transporté sur les Toits de la Terre, la nature affirme sa domination. Elle qui dans un  grand silence rappelle à notre corps le respect que nous lui devons, elle qui, sous son manteau  blanc, redonne place à la fraternité des hommes.  

 

Isabelle, également médecin de la 8ème cordée : 

 

Seul à fournir l’effort mais relié aux autres par la cordée…si belle analogie à la vie.  Les mots disent ce qu’ils peuvent ; le reste, à vous de le vivre...



 


 

Mise à jour le Samedi, 06 Juin 2009 09:37